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Partie ouverte à tout le mooooonde.

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 blue neighborhood.

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MessageSujet: blue neighborhood.    Lun 28 Nov - 11:10

sterling / arsen.

Arsen avait tenté, à de nombreuses reprises, de bricoler le détecteur de fumée accroché au plafond de son salon (chambre, selon les heures). Sans succès, car le matériel était coriace, et résistait à ses talents de magouilleur. Une fois de plus, il descendit de son tabouret et poussa un profond soupir. Un regard à la fenêtre lui apprit qu'il devrait – une fois de plus – fumer sur l'escalier de secours, sous la pluie froide et grisâtre. Tant qu'il ne parviendrait pas à démonter cet engin de malheur, il était condamné à risquer la pneumonie à chaque fois qu'il désirait céder à sa mauvaise habitude.
Sans grande conviction, il enfila un sweat à capuche et attrapa son briquet et son paquet de cigarettes. Il savait qu'il devrait arrêter. Sa sœur ne cessait de le houspiller à chaque fois qu'il débarquait, et l'énumération de ses jérémiades et récriminations lui revenait en tête comme une comptine lancinante : il ne pensait pas aux enfants, il empestait le tabac froid, ça lui faisait le teint gris, ce n'est pas comme ça qu'il allait trouver une belle Albanaise et lui faire de beaux neveux… C'était toujours à cette partie de la logorrhée qu'il décrochait complètement, et faisait mine d'opiner du chef tout en n'écoutant plus un traître mot de ce qu'elle disait. Sans doute pour ça qu'il continuait à fumer, d'ailleurs. Il vérifia qu'il avait tout – portable, briquet, cigarettes – et avisa la fenêtre qui donnait, par chance, directement sur l'escalier de secours. Il l'ouvrit et malgré le frisson qui parcourut instantanément son grand corps dégingandé, se glissa en-dehors avec l'aisance de l'habitude. Dehors, c'était East Brooklyn : les sirènes de police hurlaient au loin, des jeunes et moins jeunes zonaient sous les porches, tout juste assez au sec pour s'en griller une et commenter les dernières actualités du quartier : qui s'était fait embarquer, si untel s'était fait tirer dessus, etc. Les autres considérations n'avaient pas vraiment leur place, et les récents événements – élections et autres manœuvres politiciennes - semblaient avoir à peine ébranlé la petite communauté. Arsen, d'une certaine façon, en était reconnaissant. Certes, son immeuble lui donnait l'impression de s'enfoncer un peu plus chaque jour sous terre, il ne pouvait pas fumer chez lui et sa rue était souvent le terrain d'affrontements plus ou moins musclés, mais il appréciait le sentiment de communauté qui se dégageait de ces quelques rues et il avait l'impression d'être chez lui. Et ça lui suffisait.
Avec des gestes machinaux, il alluma sa cigarette et se mit à fumer en silence, presque parfaitement  immobile. L'escalier de secours n'était pas bien protégé de la pluie, mais son gros pull le protégeait du froid et il était là, posé, à écouter le cliquetis métallique des gouttes d'eau contre le fer forgé ancien. Dans ces moments-là, New York lui allait. Elle seule semblait être capable de lui offrir ces rares instants de plénitude, et il profitait de chaque seconde ; par expérience, il savait que la morne routine reprenait le dessus tôt ou tard.
Et plus tôt que tard, d'ailleurs.
BANG !
Le bruit le fit sursauter et il en lâcha sa cigarette, qui vint lui égratigner la main avant d'aller s'écraser sur le sol. Arsen releva vivement les yeux, pour ne rien voir de précis : seul le hurlement strident des sirènes lui indiqua que le coup de feu – car c'en était bien un, bienvenue à East Brooklyn – avait été tiré à une ou deux rues d'ici. La cavalcade habituelle ne tarda pas à rappliquer : plusieurs voitures de police défilèrent dans la rue perpendiculaire à la la sienne, et tous ceux qui discutaient sous les proches s'éparpillèrent chez les uns et chez les autres pour éviter d'être mêlés à tout ça. Arsen décida de les imiter aussitôt – savait-on jamais – et se retourna vers sa fenêtre. Qu'il découvrit fermée. Une bourrasque avait dû la rabattre sans qu'il ne s'en rende compte, tout occupé à philosopher sur New York. Foutaises, oui. Merde, jura-t-il entre ses dents. Il ne manquait plus que ça. Il n'avait rien dans ses poches qui aurait pu l'aider à ouvrir la vitre, et il était coincé sur cette espèce d'escalier. Hors de question de descendre avec le ramdam qui se produisait à deux rues d'ici. Il regarda autour de lui, piaffant comme un cheval impatient, puis décida qu'il n'avait plus qu'une seule solution. Pas vraiment à l'aise, mais déterminé, il enjamba la rambarde de l'escalier de secours et se retrouva sur une sorte de balcon qui courait le long des fenêtres de l'immeuble. Plusieurs fois, il manqua de glisser, et son coeur lui fit savoir qu'il était trop vieux pour jouer les acrobates, mais il parvint finalement à un espace plus large qui s'étalait devant une fenêtre – celle, supposément, de l'un de ses voisins.  C'était dans ces moments-là qu'il regrettait de ne pas être plus aimable à Noël ou à Thanksgiving.
Par miracle, l'appartement était allumé, mais son occupant tournait le dos à un Arsen de plus en plus frigorifié. Pour attirer l'attention de celui qui – il l'espérait ardemment – serait bientôt son bon samaritain, Arsen tapota contre la vitre avant de faire pianoter ses doigts sur son téléphone pour rédiger un SOS. Désespéré, il colla son téléphone contre la fenêtre, en espérant que le voisin ainsi dérangé n'appelle pas la police avant et pointa l'écran du doigt, priant pour que ses derniers instants de batterie tiennent encore quelques secondes. Je me suis enfermé dehors, tu peux m'aider ? Je te revaudrai ça. Merci !
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MessageSujet: Re: blue neighborhood.    Dim 4 Déc - 6:30

Les coudes posés sur le bureau, la tête dans les mains, Sterling soupira bruyamment en fixant son écran. À force de se concentrer comme ça, il en attrapait mal à la tête. L’article en lui-même était déjà assez complexe comme cela mais sa dyslexie rendait l’étude des mots encore plus dure et il commençait à se décourager. Comment parviendrait-il seulement à terminer sa première année universitaire s’il lui fallait tant d’énergie pour de simples travaux ponctuels ? Il avait toujours plus ou moins su que ça ne serait pas de tout repos de se retrouver seul avec ses difficultés mais, à ce moment précis, il regrettait particulièrement son amie qui lui avait rendu la vie si facile durant toute leur adolescence. Il n’aurait jamais dû céder à cette envie de ne pas se fouler, de paraitre aussi doué que son sourire était charmant. Il lui avait semblé nager dans l’aisance durant toute sa scolarité mais ça n’avait été qu’un leurre et il était maintenant confronté aux conséquences de sa désinvolture. Il avait mis un casque avec une musique calme et apaisante dans l’espoir de chasser l’angoisse de son esprit et d’arriver ainsi à déchiffrer les lettres qui se mélangeaient insidieusement sous ses yeux. Décidant qu’il était temps de faire une pause, il ferma son cahier et ouvrit une page Internet pour commencer à naviguer sans réel but. Il jeta un coup d’œil à Facebook et se mina le moral pour la centième fois en observant les vies – ou ce qu’ils en montraient, en tout cas – de ses amis. Tous semblaient épanouis, ayant choisi une voie qui leur convenait, rencontrant des gens, construisant un avenir. Tandis que lui, à qui l’on prêtait un si beau futur, zonait dans son studio minuscule, à se battre avec des choses élémentaires qu’il aurait dû dépasser depuis des années. Il se maudit immédiatement de s’être laissé aller à ce voyeurisme qui ne lui apportait aucun bien mais avant de se déconnecter, il cliqua tout de même sur le nom de la demoiselle qui l’avait sorti du pétrin en faisant tout son travail scolaire, pendant des années.
- Pourquoi tu n’es pas là ? souffla-t-il, un peu dépité, en la voyant dans les bras de son petit ami, un sourire radieux aux lèvres.
C’était une pensée purement égoïste puisque leur ‘amitié’ s’était basée sur un échange intéressé et qu’en dehors de cela, ils n’avaient pas eu grand-chose en commun. Il n’empêchait qu’il arrivait à Sterling de se dire qu’elle avait peut-être été sa seule amie, la seule à connaitre ses troubles scolaires, la seule ne pas le voir comme un garçon populaire, comme un cliché ambulant. Il avait fallu pour cela qu’elle prenne conscience de ses faiblesses mais il avait bizarrement rapidement appris à lui faire confiance. Aussi, il aurait vraiment donné tout pour qu’elle soit là, juste pour lui parler un instant, lui décrire ses craintes et qu’elle lui offre une solution sur un plateau, comme au bon vieux temps.
Il se mordilla la lèvre un instant, puis ouvrit une fenêtre pour taper un message anodin. Il ne savait même pas ce qu’il attendait de cet appel au secours muet. Il se sentait juste seul et un peu désespéré. Son doigt s’apprêtait à pousser la touche ENTER, à envoyer ce ‘sauve-moi’ caché entre les lettres et les quelques fautes orthographique, lorsqu’un reflet dans son ordinateur attira son attention.
Sterling fronça les sourcils et se tourna sur sa chaise pour découvrir une silhouette sur son balcon, un grand type qu’il mit quelques secondes à identifier : c’était son voisin de palier, celui qu’il croisait parfois dans l’escalier, quand il rentrait tard – ou tôt, selon la perspective – et que Sterling se hâtait pour aller en cours. Le voisin pianota sur son téléphone et Sterling ôta son casque avant de refermer son lap top, oubliant instantanément sa détresse qui l’avait presque poussé à contacter une demoiselle qui avait mieux à faire que de rassurer l’ancienne star de son lycée, devenu un anonyme new-yorkais. Approchant de la fenêtre close, il lut attentivement le message inscrit sur l’écran et ouvrit sans réfléchir le battant. L’air glacial s’infiltra dans l’appartement et Sterling frissonna en s’écartant pour laisser à l’autre la possibilité d’entrer. Il aurait pu être gêné par le désordre qui régnait dans la pièce mais il était trop intrigué par son voisin pour se soucier de l’image qu’il donnait. Après tout, il était un étudiant et les étudiants étaient supposés se concentrer sur leurs études.
- Désolé, je ne t’avais pas entendu, déclara-t-il en désignant vaguement son ordinateur et ses cours abandonnés sur le bureau. Ça fait longtemps que t’étais là ?
Il jeta un coup d’œil dehors, avisant la cage d’escalier qui permettait aux habitants d’évacuer en cas de problème, et d’aller d’un appartement à l’autre, accessoirement. Il n’allait jamais sur le balcon et il n’était même pas certain d’avoir déjà ouvert la fenêtre, d’ailleurs.
Sterling reporta ensuite son attention sur l’inconnu et trouva étrange de le voir dans ce décor où il s’était habitué à être seul. Il réalisa alors à quel point l’endroit était sens dessus dessous.
- Hum… J’ai pas vraiment eu le temps de ranger, avoua-t-il, un peu mal à l’aise, en se grattant distraitement le cou. Tu vas pouvoir rentrer chez toi ou il faut appeler le concierge ?
Il lui était arrivé une fois ou deux de devoir faire appel au bonhomme et il espérait pour son voisin qu’il ne devrait pas y recourir, lui non plus. Il y avait plus sympa, comme personnage.
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